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Séminaire de muséologie 2016 : vous avez dit muséologie participative ?

Retour sur une journée d'échanges autour de la question du participatif dans l'exposition

Depuis trois ans maintenant, la Cité de l’espace, le muséum de Toulouse, les Abattoirs, le musée des Augustins, le musée Saint-Raymond et Science Animation s’associent pour organiser le Séminaire de muséologie. Et cette année, c’est Science Animation à la manœuvre (un grand bravo d’ailleurs à Audrey Bardon et Nelly Pons pour la logistique de l’évènement :)).

Après « Produire une exposition : quelle est la recette ? » en 2014, « Hors nos murs : itinérance, circulation, délocalisation » en 2015, les professionnels de la muséologie se sont retrouvés cette année encore autour d’un nouvel axe de questionnement :

« Vous avez dit muséologie participative ? »
 

Comment donner la parole aux publics ? Le visiteur peut-il contribuer à la construction du savoir ? Quels sont les leviers pertinents du participatif ? Y’a-t-il des risques ?

En bref, une journée dédiée à la question du « participatif » et du « contributif » dans l’exposition.

Et qui dit muséologie contributive, dit participation des publics.

C’est pourquoi, pour s’assurer d’une réelle cohérence entre les propos et les actes, Salma Otmani, intervenante Pédagogie & Facilitation graphique, nous a proposé de tous contribuer à une synthèse collective des propos de la journée.

 

Un résumé visuel sur lequel je reviendrai en fin de billet.
 

Intervention de Serge Chaumier

Professeur de muséologie à l’université d’Artois et responsable du master expographie - muséographie, Serge Chaumier nous a fait l’honneur d’être à nouveau le grand témoin de cet événement, à l’instar du séminaire de muséologie 2014.


 
Le monde culturel d’hier à aujourd’hui : un constat inquiétant

Pendant des années, les “savants” furent perçus comme des guides éclairés en capacité de conduire le peuple vers la lumière.  

Et puis, petit à petit, le scientisme a reculé et une volonté forte des institutions a émergé : aller vers plus de démocratisation culturelle.

Et pourtant aujourd’hui, le monde culturel est de moins en moins en prise avec la société et les réalités actuelles, ce qui génére une certaine désaffection des publics.

Car si l’institution culturelle ne fait plus de lien avec les problématiques sociétales du quotidien, elle prend le risque de devenir creuse et de perdre son essence même.

De plus, le monde d’aujourd’hui doit faire face à de nombreuses crises :

> Une crise économique et sociale

Une véritable fracture entre l'extrême richesse et des classes laborieuses en plein désarroi ne cesse de s’accroître.

> Une crise financière

Crise bancaire, crise boursière, dette publique…

> Une crise de crédibilité  

Que ce soient les syndicats, les politiques, les experts, les médias ou encore les institutions culturelles, une réelle perte de crédibilité est en train de s’opérer.  

> Une crise identitaire

Les mouvements d'extrême droite, d'extrême radicale, etc ne cessent de prendre du terrain.

Il faut alors se poser la question de la responsabilité des institutions culturelles vis-à-vis de cela !

En effet, le monde culturel a laissé s’effondrer les initiatives culturelles dans les quartiers qui avaient pourtant toute leur pertinence.

> Une crise écologique

Face à une perte de biodiversité, des risques de pollution toujours plus grands, quelle est la place des institutions culturelles ? Comment préserver la biodiversité et faire évoluer les mentalités ? N’est-ce pas le rôle de nos structures ?  

> Une crise culturelle

Toutes ces crises amènent à la crise culturelle et à sa difficulté de démocratisation.

Où sont les efforts faits pour lutter contre les inégalités sociales ? Comment permettre une accessibilité plus large ? Quels moyens d’actions pour travailler avec les publics ? Le monde culturel souhaite-t-il vraiment participer à la réduction des écarts ? Pour qui travaille l’institution culturelle aujourd’hui ?
 

Tendre vers un nouveau paradigme ?

Le constat est alarmant, il faut donc repenser le modèle et le sens de nos institutions ! Car, aux vues de ces crises, le discours patrimonial de nombreux musées devient de plus en plus ridicule. Dans un monde en perpétuel mouvement, en perpétuel changement, les musées doivent réapprendre à prendre en compte les citoyens.

C’est pourquoi, l’importance du participatif et du contributif ne semble pas être un effet de mode, mais bien plus un nouveau paradigme qui s’appuie sur une histoire commune, sur une société qui évolue et sur un constat de désaffection des publics vis-à-vis de la culture.

Un nouveau paradigme donc, mais qui ne vient pas de nul part. Il s’appuie sur une longue histoire d’éducation populaire et de démocratie culturelle. Et s’ajoute à cela des raisons épistémologiques avec un rapport au savoir et à l’expert qui évolue.

On revient alors à la notion même de culture en rappelant que tout le monde est un producteur de savoir à un moment ou un autre.

D’ailleurs Nelson Mandela disait Ce qui est fait pour nous sans nous, est fait contre nous.

Les institutions culturelles doivent s’inspirer de cette citation. Car le travail se fait trop souvent pour les publics sans les publics. Et au final, cela s’avère contre-productif. Il faut tendre vers une culture qui se fait en impliquant les gens, en les rendant acteurs et ainsi s’approcher d’une forme d’émancipation et de désaliénation des consciences.
 

Les 3 grands modèles

D’un point de vue théorique, le participatif dans les institutions culturelles peut être scindé en trois grandes tendances :

> L’ implication contributive :

Faire appel à des gens pour collecter des données. Celles-ci pourront ensuite servir à alimenter des contenus, des expositions… Il s’agit de la tendance la plus massive.

> L’ implication participative :

Permettre à des publics de s’impliquer pour produire un certain nombre de séquences. Dans ce type d’implication le propos général est toujours porté par le chef de projet ou par l’institution. L’investissement des publics est donc calibré en fonction de l’action menée.

>  L’implication collaborative :

L’action est définie depuis le départ avec les publics et conduite de A à Z avec eux. On parle alors de co-construction ou de co-commissariat lorsque cela se fait entre plusieurs structures. Cette forme plus impliquante pose néanmoins la question de la légitimité des propos et de la modération de ces derniers.
 

Conclusion

Le participatif nous plonge donc dans une nouvelle ère où les médiateurs deviennent des activateurs et des acteurs de mise en synergie, plutôt que des êtres de transmission de contenu. Mais ce changement de modèle n’est pas simple. En effet, co-construire est sans doute plus difficile que de produire seul. Et puis, il pose la question de la professionnalisation des acteurs de la culture. Mais le participatif, le décloisonnement et le travail dans l’universalité semble être une des clés pour faire avancer le monde culturel aujourd’hui.

En bref, nous sommes passés de la muséologie d’objets à une muséologie de discours dans les années 90.

Aujourd’hui, passons définitivement d’une muséologie du discours à une muséologie de l’acte !
 

Table ronde « Faire participer des publics lors de la conception de l’exposition »

Après cette première intervention, une première table ronde nous était proposée pour échanger autour de la thématique « Faire participer des publics lors de la conception de l’exposition ». Des retours d’expériences variés pour relater ce qui se fait, ce qui marche, ce qui fonctionne moins...


 
Confidences d'outre-tombe, squelettes en question

Et c’est Ludovic Maggioni, Responsable Service des expositions à La Casemate, Centre de Sciences de Grenoble et Professeur associé Université Grenoble Alpes qui ouvre la marche.

La participation de nos publics n’est pas quelque chose de nouveau mais comment leur donner vraiment la parole ?

Alors certes, la question du numérique a fait évoluer nos pratiques et a impacté la participation de nos publics. Mais comment se servir de la culture du numérique pour fédérer des expériences et mettre en scène différemment nos projets ?

C’est autour de ces questions que le projet “Confidences d’outre-tombe, squelettes en question” a vu le jour. Une exposition coproduite par la Casemate, l’Inrap, une société de pompes funèbres et le musée Dauphinois.

Et pour initier le projet, un workshop d’une journée et demi a été proposée à des publics variés afin d’imaginer de nouveaux dispositifs interactifs pour l’exposition. Pour y participer et tenter de faire émerger le maximum d’idées, les gens devaient simplement postuler sur le site internet de la casemate.

Et plutôt que des mots, voici un retour en images de cette expérience enrichissante pour les publics comme pour les organisateurs :
 

 

Les différentes propositions issues de cette journée ont ensuite été soumises au comité de direction de l’exposition. C’est ainsi que plusieurs idées ont pu être développées et finalement aboutir à des dispositifs que l’on peut retrouver dans l’exposition.

Bien entendu, le public a aussi des attentes, des représentations, des idées… Cela s’avère particulièrement pertinent de les écouter, en parallèle de l’expertise du milieu de la recherche, afin d’ouvrir le plus de champs de réflexion possibles.

Et pour illustrer cela, voici un des exemples des dispositifs interactifs de cette exposition issu du workhop, à savoir Mir’os, un miroir squelettique qui illustre la dimension culturelle du squelette et des différences du rapport à la mort en fonction des cultures :

En bref, ce qui ressort de cette expérience, c’est que diverger, avoir des idées avec les citoyens c’est assez simple mais converger c’est beaucoup plus complexe.

Mais quand cela se fait autour d’un projet dédié, cela peut faciliter les choses. C'est un bon moyen d'innover, d'obtenir des idées que l'on n'aurait jamais eu soi-même. Par contre, bien que les projets participatifs ne soient pas nécessairement très onéreux à mettre en place, ils sont très preneurs en temps (le workshop a eu lieu 2 ans avant la première présentation de cette exposition).

Et le mot de la fin de Ludovic Maggioni :

Pour être certaines de conserver tout leur sens, nos structures ne doivent pas passer à côté du participatif.
 

Accrochage participatif  

La table ronde se prolonge ensuite avec l’intervention d’Annick Notter, conservatrice générale et directrice du musée des beaux arts de la Rochelle.

Un musée de 400 m2 qui contient une collection de 800 tableaux. Et pour renouveler l’intérêt des publics, il faut régulièrement remanier l’accrochage. Simplement, si l’on ne fait appel qu’aux conservateurs, on prend le risque que certaines oeuvres ne sortent jamais des réserves.

C’est de ce constat qu’a émergé l’envie d’impliquer des publics dans les choix d’accrochage.

Il s’est alors agit de sélectionner un groupe de personnes qui sera chargé de sélectionner parmi les 800 tableaux, les 80 qui souhaiteraient voir présenter dans le musée pendant une année entière.

Quelques exemples de ces dernières années :

> Un des accrochages a été réalisé par un groupe de lycéens qui ont choisi de montrer la modernité dans le musée.

> Un autre par un groupe de femmes des quartiers de la Rochelle qui ont décidé de travailler sur la thématique de la femme. Celui-ci reste encore aujourd’hui le plus bel accrochage car ces femmes se sont vraiment investies et impliquées à 200% dans le projet.

> Puis il y a eu un accrochage avec le club de rugby de la Rochelle. Ce fut d’ailleurs l’année où ils sont montés en TOP 14. Faut-il y voir un lien ? La question reste entière !

> Un autre avec un groupe des détenus de la prison de Saint-Martin-De-Ré sur le thème de la lumière.

Et depuis 2 ans maintenant, l’accrochage qui sera inauguré au mois d’octobre 2016, est en cours de préparation avec un groupe de malvoyants.

Et le mot de la fin d’Annick Notter :

Le plus important dans le participatif c’est la capacité à écouter.
 

Projet QSEC²

Vient ensuite le tour de Claire Garraud, chef de projet à l’Exploradôme qui nous présente le projet QSEC2 (questions de sciences, enjeux citoyens).

Il s’agit d’un projet mené en collaboration avec autres 8 acteurs de la CST et dont l’objectif principal est de “renouer un dialogue entre scientifiques, élus et citoyens”.

Trois grands piliers soutiennent ce projet mêlant science et société :

> les expositions temporaires interactives car le mot d’ordre est le suivant : il est interdit de ne pas toucher !

> la participation citoyenne avec des divers parcours de réflexion organisés (rencontres avec des scientifiques, échanges, visites…).

> les plans d’actions locaux avec des partenaires n’appartenant pas au monde de la CST afin de diversifier au maximum les acteurs et les publics.

Et cela se fait autour de deux grandes saisons thématiques : une sur l’air et la seconde sur la mobilité. Les implications des publics peuvent prendre différentes formes :

> Les groupes concepteurs qui participent au cadrage thématique et au scénario de l’exposition. Ces séances de travail sont animées par des muséographes.

> Les groupes contributeurs qui travaillent sur une sous-thématique de l’exposition et qui proposent une contribution physique (élément qui rejoint l’exposition, organisation d’un évènement…)

> Les groupes de continuité qui participent à enrichir l’exposition au fur et à mesure de sa présentation au public.

En parallèle, des dispositifs participatifs sont installés au sein de l’exposition por faire contribuer un maximum de gens.

Par exemple, un dispositif de stop motion a été mis en place dans l’exposition pour permettre à tous les publics de concevoir leurs propres petits films sur leurs engagements citoyens.

Le chiffre clé : 68% des personnes interrogées pensent que la contribution du citoyen dans une exposition est un vrai plus.

Et le mot de la fin de Claire Garraud :

Pour faire du participatif, il faut être réactif, adaptable et apprendre de ses erreurs. L’élément clé pour que ça marche : du temps devant soi !

J’aimerais tant voir Syracuse

Pour clore cette table ronde de la matinée, Jean-Pierre Moulères, commissaire d'expositions et responsable de projets artistiques et culturels participatifs, nous a présenté son expérience de collecte de photos dans le cadre de l’exposition “J’aimerais tant voir Syracuse”.

En 2014, une exposition était programmée sur le Midi antique qui relatait des images où les corps étaient absents ou servaient juste de toise à la photographie.

L’objectif qui a donc rapidement émergé : mettre des corps dans ces décors antiques. Et c’est ainsi qu’est venu l’envie de faire cette collecte auprès des habitants. En effet, Arles étant une ville où l’antique fait parti du décor, ce désir de fédérer, d’unir les habitants autour d’une histoire commune, d’un bien commun a vite pris le pas sur le reste.

Un appel à collecte s’est donc fait via la presse et nous avons demandé aux personnes s’ils pouvaient nous soumettre des fonds photographiques qui leur appartenait sur cette thématique de l’antique. En 4 mois, un fond de 3000 images s’est mis en place.
Il a ensuite fallu faire des choix pour sélectionner les images qui seront présentés au sein de l’exposition. Au final, 200 photographies ont été élues pour être imprimées sur dibond, et une table tactile est venue compléter cette sélection afin de mettre en lumière l’ensemble des contributions des publics.

Une expérience positive qui donne envie d’amplifier cette collecte!

Et le mot de la fin de Jean-Pierre Molères :

Le participatif est un très bel outil car il permet de mettre en lumière l’importance de croiser et d’impliquer plusieurs publics.
 

Après tous ces échanges et retours d’expériences, les esprits ont besoin de s’aérer. Le temps de la pause déjeuner est donc venu. Un temps important pour continuer à phosphorer de manière plus informelle.
 

Table ronde “Faire contribuer ou participer dans l’exposition”
 


 
Imaginons le muséum de demain

Et c’est Maud Dahlem, chef de projets numériques et chargée des projets participatifs avec les publics au Muséum de Toulouse, qui ouvre les débats.

Elle nous relate une expérience de 9 mois, réalisée dans le cadre de l’exposition “Les Savanturiers” : “imaginons le muséum de demain”. 

Plusieurs publics sont ciblés pour cette expérience :

> Ceux qui souhaitent une expérience nouvelle

> Les communautés en ligne

> Ceux qui souhaitent exposer et partager

> etc.

Le principe est simple, on demande au visiteur quel témoignage il souhaiterait laisser aux générations futures sur le rapport homme/nature. Et pour cela, il doit définir un objet qu’il souhaiterait exposer afin de donner corps à ce témoignage. Et afin que la démarche et les échanges avec les publics soient tout à fait pertinents, le muséum de Toulouse a fait le choix de mêler les équipes autour de ce projet (équipes de conservation, de médiation, web…).

Il y a donc eu un rendez-vous par mois de collecte depuis octobre où les publics peuvent venir proposer leur objet. Les différentes équipes du muséum sont là pour les accueillir et discuter avec eux de la meilleure manière de mettre en valeur ces objets.  

Ces objets sont ensuite exposés dans une vitrine de l’exposition “Les Savanturiers” qui évoluent  donc au fur et à mesure de ces prêts.

A noter également que le centre de la vitrine comprend un écran qui relate les participations en ligne (objets périssables par exemple). Et pour garder trace de tout cela, puisque les objets ne sont prêtés que sur une durée de trois mois, un catalogue numérique a été réalisé.

Et le mot de la fin de Maud Dahlem :

Afin de prendre du recul sur ce qui a fonctionné ou pas, le muséum de Toulouse a fait le choix d’une évaluation objective de cette expérience. Celle-ci a été portée par Muséocom.

Amélie Gonin, vice-présidente de Muséocom, jeune agence spécialisée en ingénierie culturelle complète donc l’intervention de Maud Dahlem en nous présentant les résultats de l’enquête.  

En terme de méthodologie, l’évaluation s’est faite sur sept jours, répartis entre novembre 2015 et avril 2016. Il y a eu des phases d’observation du public, des questionnaires remis aux visiteurs et des entretiens réalisés auprès des professionnels du musée.

Ce qui en ressort :

> La transmission (et particulièrement celle faite aux générations futures) est une valeur très importante pour les familles.

> Le jeu de piste « deviens un savanturier » a été moteur de cette expérience, et a augmenté l’interaction. Le jeu est devenu un véritable relais pour véhiculer le message.

> 82% des visiteurs trouvent que les objets de la vitrine ont tout à fait leur place dans un muséum. Cependant, les publics sont assez frileux a l’idée de partager leur propre objet.

> Dans la grande majorité des cas, les visiteurs ne lisent pas la consigne sur le cartel se trouvant à côté de la vitrine.

> Les publics qui ont participé à cette expérience sont des fidèles qui sont venus au moins 3 fois au muséum de Toulouse.

> Et 50% d’entre eux l’ont fait pour s’impliquer dans la vie du musée.

Et le mot de la fin d’Amélie Gonin :

Pour accompagner un projet innovant et participatif de ce type, il est fondamental de miser sur la médiation humaine.
 

C-You

Bernard Favre, ingénierie culturelle et co-fondateur de Cap Sciences, vient ensuite nous présenter le dispositif C-You.


 

L’un des grands objectifs de Cap Sciences ce n’est pas nécessairement de faire aimer les sciences mais plutôt de faire aimer le lieu. Et si le goût pour les sciences vient par la fréquentation du lieu, alors c’est gagné. Il faut donc faciliter le parcours du visiteur afin qu’il ne demande aucun effort, contrairement au fait d’aller à l’école, de rechercher une information sur internet, etc.

De plus, il est important que la visite du lieu ne soit qu’une première étape dans un parcours plus important du visiteur, que la visite du lieu ne soit qu’un petit morceau d’un ensemble plus large. C’est moins le sujet qui compte que l’univers dans laquelle on embarque le visiteur : univers de loisir, de plaisir, de découverte,de partage...

Mais alors pourquoi venir dans nos lieux ?

> Parce que c’est un lieu où je suis pris en considération en tant que public, où l’espace a été pensé pour moi. Il faut que le visiteur puisse avoir accès à une consommation personnalisée.

> Parce que c’est un lieu qui me propose un moment exceptionnel, non banal où je peux y découvrir quelque chose d’unique.

> Parce que c’est un lieu d’expériences, de partage, d’échanges.

Face à ce constat, Cap Sciences a développé trois pistes de solutions :

> Mettre en place un parcours connecté dans chaque exposition afin que le visiteur puisse se concentrer sur le présent qu’il vit en mettant ses sens en éveil et ainsi libérer sa mémoire.

> Permettre au visiteur de pouvoir choisir les éléments qu’il souhaitent conserver et retrouver depuis chez lui.

> Assurer davantage de relations humaines avec les animateurs de l’exposition.

L’objectif du dispositif C-You étant de créer une relation durable avec le visiteur en adaptant la parcours à chaque visiteur, en les invitant à des événements sur le même sujet, en leur envoyant des articles thématisés…

 

Les chiffres clés :

Il y a eu 70 000 ouvertures de comptes C-You sur l’exposition “Odyssée, destination espace”.  

Et 25 à 30% de personnes ont réouvert leur compte chez eux pour prolonger l’expérience.

Et le mot de la fin de Bernard Favre :  

Ce dispositif de visite a permis de mobiliser de nouveaux publics et entre autres des 15-25 ans.
 

Museomix et les rendez-vous 4C

Et c’est Samuel Bausson, chargé des projets numériques et de la participation des publics aux Champs Libres et Co-fondateur de Museomix qui ferme la marche de cette table ronde.

La démarche de Museomix c’est d’investir un musée en ayant pour objectif d’être dans le faire immédiatement. Il s’agit de sortir des bureaux pour voir si ce que l’on imagine est réalisable ou pas. Inspiré des pratiques du libre, ce dispositif se sert des usages de l’open source par exemple pour nourrir ses réflexions. Museomix est donc un événement sur la créativité et l’innovation qui permet de se remettre en question et d’imaginer un futur.

Mais ce dispositif ne prend de la valeur que s’il est porté par une communauté d’acteurs qui ont envie de s’investir. Une multiplicité d’acteurs et de compétences se retrouvent donc au sein de cet événement : Contenu, médiation, communication, graphisme, développement, fabrication, facilitation.

Et ainsi pendant deux jours, tous ces participants se retrouvent dans un même musée pour réinventer le lieu et imaginer/fabriquer des prototypes de dispositifs interactifs qui seront testés face public. Le Musée de Bretagne accueilli museomix en 2015. Pour découvrir quelques exemples de prototypes qui ont été développés à cette occasion, rendez-vous sur Museomix.

Autre exemple intéressant de contribution, les rendez-vous des 4C organisés aux Champs Libres à Rennes.

Il s’agit d’un véritable moment d’échange de savoirs et de collaboration basé sur les 4 C : créativité, connaissance, connectivité et citoyenneté.

Plusieurs événements sont organisés dans ce cadre :

> Les guichets numériques : des personnes âgées se retrouvent pour poser librement toutes leurs questions sur le numérique et s’échanger des idées d’applications par exemple.

> Les ateliers pour réinventer les coiffes bretonnes

> Les ateliers wikipédia

> ...
 

Et le mot de la fin de Samuel Bausson 

Alors un mot de la fin plus long que les autres, puisque Samuel Bausson nous a fait l’honneur d’accepter de conclure cette journée riche.

Il faut désormais penser le musée lego et transformer nos institutions en plateforme où tout à chacun peut apporter sa brique de créativité, ses envies…

Pour tendre vers cela, les trois points de départ sont les suivants :

> Prendre conscience que l’intelligence est aussi en dehors du musée

> Avoir un authentique intérêt pour les contributions

> Savoir s’intégrer dans des communautés existantes et s’inscrire dans une démarche de partage.

Car les communautés créatives existent déjà et savent prendre soin d’elles-mêmes.

Le participatif signifie “prendre part à”, il s’agit donc d’une action longue et progressive.

Et pour y parvenir, il faut s’inscrire dans une démarche de mise en relation, de connaissance de l’autre et de confiance réciproque.

Le participatif c’est donc un processus qui implique un savoir faire (peut-être que l’on pourrait le nommer facilitation) afin de permettre à tout le monde d’amener sa propre brique pour construire ensemble un ensemble !
 

Restitution de Salma Otmani

Salma Otmani a pris en note les différents éléments clés de cette journée de réflexion et a accueilli les gens tout au long de la journée pour qu’ils contribuent eux-aussi à cette synthèse visuelle.

 


 

Et pour finir cette journée sur une note dynamique, Salma nous a proposé une forme de débat mouvant.

L’ensemble des participants présents dans l’amphi devait se lever s’ils trouvaient l’affirmation correcte. Ceux qui ne la partageaient pas devaient donc rester assis.

Petite animation qui a parfois révéler quelques surprises !


 

Retour sur les affirmations proposées (car vous aussi vous pouvez jouer derrière votre ordinateur :)) :

> Mon équipe en interne est déjà engagée dans une dynamique de collaboration, c’est clair !

> J’ai déjà expérimenté et mis en œuvre une collaboration avec des usagers.

> Dès demain, j’ai une motivation incroyable pour monter ce type de projet.

> Egalité des savoirs, égalité entre professionnels et usagers face à la culture, clairement on est tous égaux !

> Je me sens bien d’animer des ateliers de créativité avec des usagers et d’avoir une posture de médiateur.

> Le numérique est un plus. Je ne peux pas rien faire sans le numérique !

Et pour clore ce séminaire de muséologie 2016, les participants ont pu bénéficier d’une visite VIP de l’exposition “Archéo. Une expo à creuser!” présentée jusqu’au 25 septembre prochain au musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse.

Un très bon dernier moment pour partager et échanger encore quelques minutes autour de cette belle journée participative.


 

Sur ce, à l'année prochaine j'espère ...!

Julie Poirier, chargée de conception et de médiation.

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