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J'ai testé... Imaginer la scénographie du hall du quai des savoirs

On vous en parle depuis un moment maintenant, mais au cas où vous auriez oublié : le Quai des Savoirs ouvrira officiellement ses portes en février 2016

Vous avez d’ailleurs été nombreux à vous déplacer ce weekend à l’événement ‘Lumières sur le quai” pour avoir un aperçu de ce futur lieu Toulousain dédié à la Culture Scientifique et Technique.

Toute une programmation se met donc en place “en attendant le quai” et l’excitation à l’idée d’inaugurer officiellement le bâtiment est palpable. Oui mais voilà, si ce grand espace est effectivement prêt à vous recevoir, son hall n’en reste pas moins désespérément vide pour l’instant !   

Mais rassurez-vous, on y travaille ! Au menu, des manips sympas, des dispositifs chouettes, des thématiques intéressantes, le tout renouvelé tous les 3 à 6 mois.

Et c’est là que moi, Audrey Renaud, diplômée en design d’espace et de communication, j’interviens. 

Dès mes premiers jours à Science Animation je comprends rapidement l’importance ce fameux Quai des Savoirs (c’est un sujet TRÈS récurrent !). Mais alors moi, que fais-je dans tout ça me direz-vous ? Et bien en tant que chargée de mission scénographique, il m’a été confié une mission de la plus haute importance !

« Votre mission Audrey, si vous l’acceptez, est d’aménager le « Hall des Manips » du Quai des savoirs de façon à ce que l’on puisse y créer des expositions sur mesure pour chaque thématique. » 

Ma réponse ? Ok, c’est parti ! 

Première réaction : « cool, c’est suffisamment vague pour me laisser un champ d’action large ! Et avec les visuels qu’ils ont déjà réunis, ça me donne une idée du style de mobilier ». 

Hop hop hop, pas si vite, il y a quand même quelques autres contraintes à prendre en compte ! L’identité visuelle et graphique du mobilier doit notamment être en lien avec certaines de nos lignes graphiques, comme par exemple celle de notre future plateforme web Makerscience.

L’esprit que l’on souhaite communiquer est celui-ci : une ambiance atelier, un esprit “maker”, inspiré du concept « DIY » (traduction : Do It Yourself, jolie expression britannique pour « bricoleur » en français). 

En s’inspirant de ce phénomène, nous souhaitons communiquer notre capacité à fabriquer et adapter tant nos dispositifs d’exposition que nos offres. Donc, concrètement et visuellement parlant : beaucoup d’(e) (tri)angles, d’assemblages et de pliages d’inspiration origami (non, promis, on ne fait pas de cocottes en papier). ;) 

Bon allons-y ! 

Le hall est un « couloir » : beaucoup plus long que large. Est-ce une contrainte ? Peut-être, mais surtout sa caractéristique principale à considérer et si possible à mettre en valeur.

Pour ma première proposition (ne jamais considérer qu’il n’y en aura qu’une, sinon on ne parle pas de conception ni de design mais d’inspiration divine ;)) je décide de répartir l’exposition en 3 pôles, ce qui permet de rythmer l’espace et de récréer des « coins » qui pourront correspondre à des sous-thématiques dans l’exposition. Sans oublier bien sûr que ces plateaux seront facilement raccordables aux boîtiers électriques (toujours revenir à la réalité : comment ça, l’électricité ne passe pas par le wifi...?). 

J’imagine donc des panneaux perforés dans lesquels pourront s’encastrer des  tables, des étagères ou encore des boîtiers d’écran. J’ajoute sur les hauteurs de ces panneaux des arches permettant de jouer avec la profondeur du hall. De plus, ceci permet également de rappeler l’esprit un peu atelier, “Do it Yourself” que l’on souhaite communiquer à travers ce mobilier. C’est en effet ce que j’ai pu retenir des visuels que l’équipe m’a donné comme références.

Un petit aperçu en images, c’est toujours mieux :)

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Première présentation à mes supérieurs : des inquiétudes par rapport à la circulation des visiteurs sur les plates-formes et à la solidité du mobilier encastré. Ils me précisent en effet qu’il y aura beaucoup de monde, beaucoup de groupes scolaires qui traverseront l’exposition pour déposer leurs affaires dans les vestiaires situés tout au bout du hall, il ne faut donc pas que ce soit fragile. Il faut du solide, du stable. C’est d’autant plus vrai qu’il s’agira du « hall des manips » : donc on touche, on manipule, on expérimente, etc. En revanche, le style un peu origami / pliage et les triangles de ma proposition semble plaire.

Okay, c’est reparti, je prends bonne note de ce petit bilan efficace et repars sur une nouvelle proposition ! 

Cette fois-ci, pas question de plateaux sur lesquels les spectateurs montent comme je l’avais imaginé (même avec des rampes, pour les PMR* en respectant la réglementation des ERP**), mais plutôt de pôles autour desquels ils vont se déplacer. 

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Les trois pôles envisagées sur le plan d’implantation (triangles oranges)

Je pars sur un mélange de « tours » orthogonales en tasseaux de bois et de plateaux, qui pourront se multiplier au besoin. Je reprends le plan et imagine l’encombrement minimal (peu de choses à exposer, moins de contenu écrit et de manips qui prennent de la place) et l’encombrement maximal (plus de mobilier, plus de choses à exposer ou à dire, moins de place pour les manips). Tout cela en prenant en compte les UP*** et en essayant toujours de recréer des zones pour différentes sous-thématiques.

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Un aperçu en image de la tour orthogonale 

Un peu de vocabulaire...

*PMR : Personne à Mobilité Réduite. D’instinct, on pense aux personnes en fauteuil roulant, mais qu’en est t-il de votre ami mal-voyant ? de votre neveu qui voit le monde d’un peu plus bas ? de votre grand-mère qui se déplace avec un déambulateur ? de votre sœur qui est enceinte de 7 mois ? Ou encore de vous, qui êtes un peu plus fatigué que d’ordinaire et qui, sans l’adhésif coloré collé sur la porte vitrée, auriez tenté de traverser les murs ?

**ERP : Espace Recevant du Public. De votre boulangerie au Zénith, en passant par la bibliothèque, la salle de sport,  les musées… Ils sont classés et répondent tous à des exigences d’aménagement précises, pour votre confort et votre sécurité !

***UP : Unité de Passage. Couloir de circulation dégagé à respecter. Dans un espace comme le hall des manips, on essaie de se maintenir à 1,50m partout : entre le mur et la manip, entre deux mobiliers, entre la manip et le mobilier. PARTOUT. Sinon votre circulation sera entravée et vous ne reviendrez plus nous voir ! (d’ailleurs, si ce n’est pas respecté, il se peut que vous ne veniez jamais voir le Quai des Savoirs, puisque la commission de sécurité ne donnerait jamais son accord pour un bâtiment qui n’est pas aux normes !)

Verdict de cette seconde proposition : mieux ! l’idée d’avoir une structure vide sur laquelle on vient mettre ce que l’on veut semble plaire. Mes tours orthogonales peuvent en effet accueillir au gré des besoins des surfaces de communication, des vitrines, des écrans, etc

L’idée de pouvoir ajouter des éléments structurels au besoin séduit également : « adaptabilité et modularité au maximum ! ». Pour un espace plus dynamique, on me conseille de varier les tailles et de tester avec d’autres formes : des cercles, des carrés, des triangles… Des triangles !

Des triangles ! Ça résonne dans ma tête. Ou plutôt ça visualise, ça construit, ça assemble. Hey, les triangles c’est génial pour les assemblages ! 

Je reste sur l’idée des structures vides en tasseau, mais plus grandes ! Une tour-triangle fixe et autoportante, puis des angles qui viennent s’y ajouter au besoin (encore mes histoires d’encombrement selon besoin.). 

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J’imagine des structures plus petites aussi, pour de l’affichage (exemple : une affiche pour indiquer comment se servir de la manip). 

Pour imaginer l’affichage et les écrans : je plie du papier. Si, si, pour les tests, je joue avec mon cahier ! En vrai, il s’agira d’une plaque métallique que les vaillants bricoleurs de l’atelier Science Animation plieront et viendront clipser sur les structures en bois.

J’ai bien compris ce qu’ils attendaient, et ma proposition correspond à leurs besoins et à leurs envies esthétiques. Réponse de mon directeur : « Bon, on a une réunion au Quai vendredi prochain, je vais le présenter à tout le monde. » Moi intérieurement : « Déjà ??? Okay, Maintenant il y a plus qu’à rendre cela présentable !» 

Je commence par me lancer dans un plan précis comportant les UPs, agrémenté de quelques visuels sympas et d’une présentation des matériaux utilisés... En bref, un petit dossier quoi !

Quelques jours plus tard, j’apprends que la date de présentation a été repoussée au 20 novembre. Ceci me laisse le temps de développer le projet, de faire une réunion technique (est-ce que tout tient debout ?) et de faire des rendus. 

« Un rendu ? » Hmmm... je vois votre sourcil froncé en signe d’incompréhension. 

Un rendu, c’est une image du projet que l’on réalise à partir d’une modélisation 3D (par exemple, sur le logiciel SktetchUp) avec un moteur de rendus (par exemple VRay) qui crée des images réalistes du projet : lumières, matériaux, etc. 

Vous prendrez bien un petit aperçu de ce que ça donne... :)

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Le logiciel ne crée pas cependant tout seul les images. Il y a plein de paramètres souvent incompréhensibles mais très importants que l’on doit renseigner et qui font que l’image semble réaliste ou pas.
Je ne vous cache pas qu’on se retrouve souvent avec un carré noir au milieu de l’image, ou avec une lumière assez… moche qui peut nous fait dire « Ouh là là ! Non, tu n’as pas compris ce que je te demande ! ». La première fois. Il arrive même qu’à la 13ème tentative, le discours soit un tantinet moins délicat...!

Pour vérifier la faisabilité d’un projet, rien de mieux qu’une maquette ! Autant pour celui ou celle qui conçoit le projet que pour ceux à qui on le présente. Alors c’est parti ! On prévoit une échelle, on découpe du balsa pour les structures, du papier pour les éléments en métal plié et du transparent pour les vitrines. 

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Je vous laisse apprécier le résultat en images !

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Une maquette en cours de fabrication, ça attire. Surtout mes collègues... ;)

20 novembre 2015 : en avant pour la réunion du comité éditorial du Quai des Savoirs (un panel de personnes importantes des différents organismes responsables de la gestion du lieu). 

La présentation du projet qui semble plaire, fait ensuite place aux questions : « pourquoi du bois ? » et des remarques : « avec une barre à cette hauteur, si je suis un enfant, je m’y accroche ! », qui permettent de mettre en lumière certains éléments du projet dont on ne se rend pas compte lorsque l’on est la tête dedans.

Bilan positif dans l’ensemble, le projet global est validé !

La fabrication ! Et oui, février va vite arriver ! Mais avant ça, bien sûr, il faut reprendre chaque élément, en faire un plan le plus technique et précis possible pour commander les éléments et ,surtout, faciliter au maximum le travail de nos collègues de l’atelier qui vont fabriquer tout ça. (Pas un seul élément simple, que des formes quelque peu biscornues, je sens qu’ils vont me détester courant janvier... Note à moi-même : faire des gâteaux et leur apporter en guise de compensation pour la gêne occasionnée...)

Audrey Renaud, Chargée de mission scénographique.

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