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Séminaire de muséologie 2015 : La culture hors nos murs.

9 avril 2015, 8h du matin, nous sommes un grand nombre de l’équipe de Science Animation à nous diriger vers la cité de l’espace de Toulouse pour la seconde édition du séminaire de Muséologie. Une édition 2015 qui promet d’être riche et passionnante avec pour thématique centrale :

« Hors nos murs : itinérance, circulation, délocalisation »

Un événement organisé cette année par la cité de l’espace (et en particulier par Aude Lesty et Marc Moutin que nous félicitons pour l’organisation réussie de cet évènement) en partenariat avec le Muséum de Toulouse, le musée des Abattoirs, le musée des Augustins, le musée St Raymond et Science Animation.
Et malgré une grève des contrôleurs aériens qui a compromis la venue de certains, la salle de la cité de l’espace comptait bon nombre de professionnels de la muséologie.

Alors badge accroché, thé avalé, siège trouvé, programme étudié, ordinateur allumé, capacité d’écoute opérationnelle, me voilà fin prête pour débuter cette grande journée.


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Je vous propose donc un retour narré de mes souvenirs et notes de cette journée, emprunt sans doute à quelques erreurs d'appréciation et de retransmission.
Veuillez m'en excuser par avance... Et si vous souhaitez compléter ce billet, l’espace « commentaires » vous attend à bras ouverts.

Cela étant maintenant posé, bon courage à tout ceux qui tiendront jusqu’à la fin ! :)

9h00 : Le séminaire muséologie 2015 est ouvert par M. Jean-Baptiste Desbois, directeur de la cité de l’espace.


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Il nous rappelle d'abord la nouvelle stratégie de la cité de l’espace, affirmée depuis 2012 :

Pour finir, il s’arrête quelques instants sur une actualité, encore brûlante, en rappelant que nous vivons actuellement une période où l’obscurantisme ne cesse de croître et qu’aller vers le public est un levier fondamental pour les acteurs de la culture scientifique et technique. Cela fait partie de nos missions, et c’est de cette manière que nous participerons à la réflexion du citoyen et que nous permettrons aux publics de se construire leur propre point de vue.

Suite à cette première intervention, M. Pierre Esplugas, adjoint au maire de Toulouse en charge des musées et des arts contemporains prend la parole et rappelle que de nouveaux leviers sont à inventer dans les musées que ce soit d’un point de vue financier ou de réseautage pour que la connaissance et la culture soient amenées à mieux circuler entre les publics. Alors certes nous n’avons pas attendu 2015 pour inventer l’itinérance, rappelle-t-il, mais il s’agit néanmoins d’ un terrain qu’il faut continuer à développer, explorer et réfléchir, afin qu’aujourd’hui l’itinérance des expositions répondent au mieux au besoin des citoyens.

          Le séminaire peut désormais officiellement débuter !

Une journée qui fut co-animée avec brio par Nathalie Grenet et Xavier Limagne de l’association des muséographes (que je vous invite à découvrir en suivant ce lien).
A noter également, avant d’entrer dans le vif du sujet, que c’est « super Estelle » de Science Animation, qui a livetwitté toute la journée l’événement sur les réseaux sociaux via le hashtag officiel : #museotlse2015. Et d’ailleurs si les échanges qui se sont déroulés en ligne vous intéressent, je vous invite à découvrir le storify ici.
 

De la conception à la commercialisation : les acteurs de l'itinérance

Et ce sont Laurent Cossenet, responsable des expositions itinérantes de la cité de l’espace, et Inès Prieto, muséographe, qui inaugurent les présentations de la journée.

          Le contexte

Dès son ouverture, la cité de l’espace a fait le choix de l’itinérance de ses expositions. Il s’agissait de penser les expositions comme immersives, modulables et adaptables.
A l’heure actuelle, la cité de l’espace compte plusieurs expositions itinérantes, d'une superficie allant de 250 à 300 m2 en moyenne (surface moyenne la plus classique des structures d’accueil).

Prévues pour des lieux diversifiées : galeries marchandes, aéroport, centres de culture scientifique, musées internationaux... elles sont présentées en France et à l’étranger.
L’an passé, la cité de l’espace a comptabilisé pas moins de 1 500 000 personnes sur leurs expositions itinérantes grâce à une moyenne de 400 locations chaque année.

Bien entendu, pour que cela puisse avoir lieu, il est nécessaire que plusieurs professionnel•les soient attitré•es à cette tâche.

>> La cité de l’espace compte donc :

Autre nécessité selon Laurent Cossenet et Inès Prieto : un travail permanent de transversalité entre les équipes et un ingrédient clé : de la bonne humeur !

Par contre, ils précisent l'importance de savoir/pouvoir concilier :

C'est pourquoi, la cité de l’espace a choisi de proposer des expositions itinérantes composées d’un cœur itinérant, qui sur site, sont associées à des éléments en lien avec le lieu d’accueil.

          Et en pratique, ça donne quoi ?

>> Première étape : la conception

Il est fondamental de prendre en compte le principe d’itinérance dès le début de la conception de l’exposition. Le « cœur itinérant » doit donc être pensé dès le départ, que ce soit d’un point de vue muséographique, et de médiation.

>> Deuxième étape : la production

>> Troisième étape : la présentation au public

          En quelques chiffres

          En bref

Laurent Cossenet et Inès Prieto concluent par les 3 ressorts qu'ils pensent incontournables d’une bonne exposition itinérante :

          L’info en plus

Afin d'assurer des itinérances à l’échelle internationale, les expositions temporaires de la cité de l’espace sont rédigées en français, anglais et espagnol. De plus, de nombreux outils de ces expositions offrent la possibilité de changer de langue.

Lascaux, les leçons de l'itinérance

C’est ensuite au tour d’Olivier Retout, PhD et direction exécutif de « Lascaux, exposition internationale » de prendre la parole.

          Contexte

En 2010, le ministère de la culture signe une convention avec le conseil général de la Dordogne pour produire 5 facsimilés inédits autour de la grotte de Lascaux.
De plus, la demande précise est de produire une exposition itinérante.

Olivier Retour précise alors que, selon lui, l’itinérance ne s’avère pas être un obstacle à la création si c’est l’objectif de départ !

          Et en pratique, ça donne quoi ?

          En quelques chiffres

          En bref

          L’info en plus

A partir de 2016, l’exposition partira à Séoul, puis au Musée National Nature & Science de Tokyo.
 

Les dépôts d'œuvres "intelligents"

C’est désormais au tour d’Axel Héméry, directeur du musée des Augustins de se présenter face à l’assemblée.

          Le contexte

Le dépôt d’œuvre est « la mise à disposition d’une œuvre de la collection du CNAP destinée à être présentée au public, qu’elle soit installée dans une administration ou une institution muséale pouvant l’abriter pour une durée de plus d’un an ». (Définition du Centre national des Arts plastiques).

En effet, Les œuvres présentées dans un musée d’art, qu'elles soient connues ou non, sont régulièrement issues des réserves du musée. Cependant il arrive que, pour que le parcours de l’exposition fasse sens au visiteur, le musée doive se doter d’une ou plusieurs œuvres spécifiques. Et en échange, il se doit également de faire itinérer les œuvres qu’il possède en réserve.

Axel Héméry nous présente ensuite plusieurs exemples :

          Et en pratique, ça donne quoi ?

           En bref

Ce type d’échanges n’a pas de valeur marchande, il n’y a pas d’argent mis en jeu. Cela ne peut se faire que s’il y a collaboration des différents musées. Il n’existe donc pas de recommandations du ministère, il s’agit vraiment d’un dialogue permanent entre les conservateurs afin que les collections soient les plus cohérentes possibles, et que les œuvres soient vues par le plus grand nombre de personnes.

          L’info en plus

L’un des dépôts les plus récents reçus par le musée des Augustins c’est le christ et les deux larrons de Peter Paul Rubens. Pour obtenir ce tableau, il a fallu que plusieurs musées collaborent. Et aujourd’hui, une œuvre typique du patrimoine toulousain est désormais à découvrir ou redécouvrir à Toulouse.
 

Table ronde "itinérance" : Objectifs, stratégies & modèles économiques

Et c’est Virginio Gaudenzi du Muséum de Toulouse qui ouvre cette table ronde autour de l’exposition « Eau, l’expo » .

          Le contexte

Cette exposition a été conçue dans un objectif de rayonnement régional, national et international.

Le Muséum a toujours pensé l’itinérance de l’exposition, mais au départ le cahier des charges était surtout prévu pour l’implantation au Muséum. Il n’a donc pas été aisé de faire coïncider les deux cahiers des charges par la suite.

          Et en pratique, ça donne quoi ?

          En quelques chiffres

Puis, c'est au tour de Valérie Clavet, de la cité de l’espace, de présenter l'exposition "Explorez Mars".

           Le contexte

>> Faire de la structure un outil de diffusion de la culture scientifique en rendant "l’espace" accessible au plus grand nombre.

>> Créer une "caisse de résonance" pour la filière du spatial.

>> Faire rayonner le territoire en donnant envie, par le biais des expositions itinérantes, de venir voir la cité de l’espace et de découvrir Toulouse, capitale internationale du spatial.

          Et en pratique, ça donne quoi ?

Il s’agit d’une exposition modulable qui doit répondre à plusieurs critères :

De plus, elle doit laisser une part importante à de la médiation humaine, qui bien entendu est prise en compte dès la conception de l’exposition.

La tournée de cette exposition comprend déjà le planétarium de Vaux-en-Velin, l’arche des métiers de Le Cheylard ou encore Cap Sciences de Bordeaux.

          En quelques chiffres

            L’info en plus

Les expositions de la cité de l’espace durent environ 10 ans (avec deux ans de présentation sur site, puis 8 ans en moyenne d’itinérance). Il est donc toujours compliqué de trouver un sujet qui peut rester d’actualité pendant 10 ans.

Et c’est Johan Langot, directeur de Science Animation, qui prolonge les échanges avec l'exposition "Et si la plante idéale existait...".

          Le contexte

Il s’agit d’une exposition réalisée en 2013, et qui a été présentée pendant trois mois à l’Espace EDF Bazacle de Toulouse.

ScienceAnimation n’ayant pas de lieu fixe, ses expositions sont toujours conçues dans l’optique de l’itinérance.
Il s’agit donc d’exposition « lego », modulable à volonté.
Dans sa version complète comme présentée à l’Espace EDF Bazacle, l’exposition fasait 400 m2 mais elle peut descendre jusqu’à 200 m2 pour sa version itinérante.

          En quelques chiffres

            L’info en plus

Cette exposition itinère au Centre de Découverte des Sciences de la Terre de Martinique en juillet prochain.

Olivier Retout, réintervient rapidement pour compléter sa présentation précédente et conclure cette table ronde autour de l'exposition « Lascaux ».

          En quelques chiffres

Grand témoin : Daniel Jacobi

Cette année, la mission de "grand témoin" de la matinée est donnée à Daniel Jacobi, chercheur en muséologie.

Dans un musée, il y a les collections et les œuvres qui sont muséographiées et puis il y a les publics.
Ils ont des postures différentes et il est fondamental de prendre ce paramètre en compte.
Daniel Jacobi rappelle alors les deux entités fondamentales qui règnent dans les musées :

  1. Une institution : qui gère ou non des collections
  2. Un public qui doit s’approprier les collections/œuvres

Les muséographes conçoivent donc une exposition dans l’optique de générer une émotion chez le public.

L’exposition est par conséquent un média, au sens premier du terme, caractérisé par un contexte et un lieu. Elle doit donc, selon lui, être pensée différemment en fonction de l’environnement.

Il revient ensuite sur les deux temps principaux de la vie des musées :

  1. Un premier temps centré sur les collections, à travers une exposition permanente et inamovible
  2. Un second temps dédié à l’exposition temporaire

Seulement, pour Daniel Jacobi, la vie des musées a été bouleversée par l’apparition des expositions temporaires, et cette volonté de vouloir assurer à la fois le temps 1 et le temps 2.
L’objectif n’étant donc plus de faire venir les publics, mais bien de les faire revenir !
Par conséquent, cette politique de l’exposition temporaire impacte les choix stratégiques de la structure.

Il nous explique ensuite que, bien qu’il ait entendu lors des interventions qui l’ont précédé que l’expo temporaire s’avère être le seul moyen de faire vivre un musée, il partage plutôt la théorie selon laquelle l’exposition temporaire a plutôt vocation à disparaître.
En effet, selon lui toujours, un média est éphémère, il se périme très vite, et ses contenus se retrouvent rapidement obsolètes. La logique du média correspond donc à une logique de renouvellement.

D’autre part, il part du principe que penser que « lorsque l’on fait un exposition, cela s’avère être un plus si elle est itinérante » est un fort préjugé.
Il ajoute que le renouvellement de l’exposition, sous sa forme temporaire, ne suffit plus pour renouveler l’offre et faire revenir les publics. Les professionnels de la médiation sont donc contraints de mettre en place de plus en plus d’évènementiels autour des expositions. L’exposition n’est d'ailleurs plus "la star" du musée de nos jours, ce sont les évènements.

Mais alors se pose légitimement la question suivante :

Les nouveaux musées doivent-ils se munir uniquement de plateaux vides ?

Il met alors deux exemples en balance pour répondre non à cette question. D’un côté le palais de la découverte qui marche toujours autant, et ce sans doute grâce en partie au lieu et à son architecture. Par contre, le musée des confluences, qui est très récent, ne fonctionne pas bien.

Pour lui, le rapport entre contenu et contenant (et architecture d’ailleurs) reste le propre de la discipline de la muséographie. L’idée du parcours, du sens de déplacement et de visite, est tout simplement fondamentale. Par conséquent, il trouve cela étonnant d’envisager de concevoir des expositions qui « seraient » adaptables à plusieurs lieux.

Et il se pose alors maintenant la question suivante :

Est-ce que l’exposition itinérante est le seul moyen pour diffuser hors des murs du musée ou de la structure ?

En effet, il rappelle que le public des musées et de la culture scientifique est extrêmement stable depuis des années, qu’il n’y a très peu de changement.
Même les essais de conquête de nouveaux territoires, avec des outils itinérants tel qu’un semi-remorque n’ont pas fonctionnés. Il prend alors l’exemple du Centre Pompidou mobile, qui serait déjà aux oubliettes.

De plus, dans une exposition, ce qu’il y a de pire, ce sont les détériorations. Daniel Jacobi soulève alors l’incompatibilité selon lui d’une exposition qui serait à la fois propre, non usée et itinérante.

Il revient également sur la notion de contenus rapidement obsolètes en science et technique et de l’impossibilité d’adaptation de certains sujets d’expositions d’un point de vue culturel. Une exposition sur l’eau en France ne peut pas être traitée de la même façon qu’en Palestine.

Il conclue alors sur une note légèrement plus positive :

“Si l’on continue à envisager le modèle "exposition temporaire et itinérante", il est surtout fondamental de sortir d’un moule commun !
Surtout n’imaginons pas un modèle stéréotypé des expos itinérantes !”

Il va sans dire qu’après une intervention au ton quelque peu provocateur, un temps d’échange entre le public et M. Jacobi aurait été le bienvenu ! Malheureusement, le retard accumulé lors des interventions précédentes n'a pas permis au public de réagir à ce moment là…
Le repas qui a suivi était donc jonché de personnes quelques peu frustrées, mais cela a permis des débats forts passionnants entre le fromage et le dessert. :)

Et pour un retour illustré de la matinée, voici une très belle Dataviz, réalisée par Pierre Vincenti de Cultur[E]val :

       
   Après-midi : (Bien) faire circuler œuvres & expositions

 

En l'absence de "murs"... L'itinérance, une nécessité

Les interventions de l’après-midi sont ouvertes par Johan Langot, directeur de Science Animation Midi-Pyrénées, et Richard Fuentes, directeur adjoint de Science Animation.

          Le contexte

Ils commencent par un rapide historique de Science Animation précisant que la structure, de par l’absence de lieu fixe, a depuis le départ développé une stratégie « hors les murs » avec :

Science Animation compte douze expositions itinérantes et interactives allant de 50 à 400 m2 aux thèmes multiples et variés (climat, innovation, DIY, biodiversité, cinq sens, origines de l’Homme, archéologie…).

          Et en pratique, ça donne quoi ?

L’équipe de Science Animation compte seize personnes au total avec plusieurs d’entre elles qui sont mobilisées sur l’itinérance des expositions :

D’autre part, pour permettre à Science Animation de développer cette stratégie « hors les murs » et permettre une grande autonomie aux équipes dans la conception/fabrication des expositions, l’association bénéficie à la fois d’un lieu de bureaux pour la conception et l’administratif, et d’un lieu de stockage et de fabrication. De plus, Science Animation possède un camion de 20 m3 pour le transport des expositions.

De plus, afin d’avoir une offre diversifiée et adaptée à un maximum de structures d’accueil, Science Animation met en place des expositions avec une version lourde et une version légère.
La version légère, beaucoup moins encombrante et moins volumineuse permet de répondre aux demandes des structures ayant moins de temps, d’argent, de place…

Autre élément précisé par nos deux intervenants, Science Animation développe le principe des appels à contributions, les dispositifs Living Lab, les méthodes d’innovation ouverte… pour permettre aux publics d’être impliqués dans les contenus et l’évolution des contenus d’une exposition.
Cela permet également de proposer des outils qui soient adaptés à un territoire, à un public, à un environnement.

Cette stratégie globale, avec absence de lieu, reste un modèle économique viable grâce à l’itinérance. Simplement Johan Langot concède que cela présente quelques limites telles qu’une visibilité limitée de la structure par les publics par exemple.

          En quelques chiffres

Location mensuelle d’une exposition entre 3000 et 5000€ HT.

          L’info en plus

Science Animation a plusieurs projets d'avenir pour permettre une meilleure visibilité de la structure auprès des publics tels que Makerscience, le catalyseur, le quai des savoirs…
 

L'itinérance des œuvres

Vient ensuite le tour, Evelyne Uglia, directrice du musée St-Raymond de Toulouse.

          Le contexte

Elle nous explique, que chaque fois qu’il y a une demande de prêt, celle-ci est toujours accompagnée du synopsis de l’exposition. Cela permet donc au prêteur de mesurer l’assurance de son propre prêt ainsi que l’univers dans lequel cela se fait.

Bien entendu, la demande de prêt officielle est souvent précédée d’une demande informelle voir d’une négociation.

          Et en pratique, ça donne quoi ?

Elle illustre cela par leur dernière expérience vécue avec le musée de Naples, dans le cadre de leur exposition « L’empire de la couleur ».

Plusieurs personnes de l’équipe du musée St-Raymond se sont rendues sur place, ils ont présenté leur musée, les catalogues scientifiques qu’ils éditent, les propos scientifiques de la future exposition… Au final, ils sont parvenus à obtenir les dix-sept œuvres initialement souhaitées.

Chaque prêt est soumis à un constat d’état de l’œuvre par des restaurateurs qui le rédigent.
Celui-ci est ensuite vérifié lors de la réception du prêt par le musée hôte, puis à nouveau lors de l’emballage de l’exposition lorsque celle-ci est terminée, et une dernière fois à la réception de l’œuvre par le prêteur.
De plus, un prêt est désormais assorti d’un contrat qui doit être nécessairement approuvé par le service juridique de la ville. 

L’œuvre étant au cœur même du propos, le prêt d’objets est un point incontournable que les conservateurs doivent gérer (au même titre que le discours scientifique, le catalogue…).

Car, conclut Evelyne Uglia, sans œuvres il n’y a pas d’exposition !

          En quelques chiffres

Pour concevoir l’exposition « l’empire de la couleur », le chef de projet a travaillé dessus pendant 2 ans.
 

Les FRAC (Fonds Régionaux d'Art Contemporain)

Et voilà, Catherine Matthieu et Thomas Santini de la FRAC qui se présentent à nous.

          Le contexte

Les Abattoirs, musée d’art moderne et contemporain de Toulouse, abrite en son sein le FRAC (une collection publique et nomade).

La mission principale du FRAC est avant tout de diffuser des œuvres en région, en France et à l’étranger. Il s’agit donc de tisser une histoire, un lien entre une œuvre, un artiste et un partenaire, un public.

                  Chaque exposition est donc une aventure unique !

          Et en pratique, ça donne quoi ?

L’expérience qui nous est présentée ici consiste en la rencontre de quatre œuvres avec du public, dans un territoire des Hautes-Pyrénées en plein air, et tout cela le temps d’une simple soirée.

Cela a lieu dans le cadre de l’évènement « l’art au sommet » :
Un projet au cœur des montagnes, dans des vallées un peu sauvages et dans un territoire où les instants culturels sont très peu présents durant l’hiver.

Après plusieurs temps de réflexion, nos deux intervenants nous expliquent que le choix a été fait d’intervenir dans quatre lieux différents avec quatre œuvres.
L’important dans ce projet c’était de créer un dialogue entre l’œuvre et son public, ainsi que de générer une résonance forte avec le paysage afin qu’il ne soit pas juste un décor.

Rapidement, la volonté de travailler sur des œuvres vidéo semble émerger.  
En effet, ce choix s’est très vite imposé à nos deux intervenants pour des contraintes avant tout techniques (la conservation des œuvres étant complexe dans les territoires ciblés).

Au final, une expérience réussie puisque, bien que le public était dans un lieu peu propice à la contemplation d’une œuvre au départ, ils ont finalement très vite oublié cela et ont plongé dans l’univers de l'œuvre !

          L’info en plus

Les Abattoirs, par le biais du FRAC propose chaque année environ 70 projets hors les murs.
 

Itinérance - préserver l'âme et le cœur de l'exposition

Pour clôturer ces retours d’expériences de l’après-midi, ce sont Virginie Laurent du Muséum de Toulouse et Chloé Degaille qui viennent nous parler de la conception de l’exposition itinérante "Ours, mythes et réalités".

          Le contexte

Fort de la fréquentation de cette exposition lors de sa présentation au Muséum, la décision a été prise d’en faire une version itinérante.

L’envie de sauvegarder l’écriture initiale et de rester sur une ambiance proche de l’exposition de départ a immédiatement émergée. Mais il fallait parvenir à faire coïncider une volonté de rester fidèle à l’exposition d'origine et le cahier des charges de l’itinérance.

          Et en pratique, ça donne quoi ?

Plusieurs paramètres ont donc été définis :

Suite à cela, le Muséum a fait le choix de produire un travail commun avec une agence pour repenser la scénographie de ce format itinérant.
L’agence a reçu carte blanche pour repenser l’aspect spatial de l’exposition.
Par contre le scénario d’écriture de l’exposition ne devant pas changer, il a fallu dans un premier temps s’approprier le contenu de l’expo, avant de repenser la scénographie, nous confie Chloé Degaille.
Il a ensuite fallu créer les nouveaux espaces, penser le déplacement des publics, prévoir des espaces de vide, ne pas oublier le confort et les assises…
Et surtout il a fallu penser l’espace et l’exposition sans la présence des espèces d’ours naturalisés que les publics pouvaient découvrir au Muséum. 

Le choix a donc été graphique avec la création d’une grande illustration reprenant tous les concepts importants.

          En quelques chiffres

           L’info en plus

Le premier lieu d’accueil de cette version itinérante de l’exposition « Ours, mythes et réalités » sera le muséum de Bourges à partir de mars 2016.
 

Table ronde "Coproduction" : comment la rendre intéressante pour tous les acteurs ?

L’après-midi enchainait sur une table ronde rassemblant le Musée des Sciences Naturelles de Barcelone, le Muséum d'histoire naturelle de Toulouse, le musée Soulages, le musée Ingres et le musée des Augustins. 

Malheureusement, je n’ai pu assister à ce moment et ne pourrait donc vous reporter ce qu’il s’y est dit.

Alors une nouvelle fois, si vous voulez compléter ce billet, l’espace « commentaires » n’attend plus que vous ! ;)
 

Grand témoin : Anne-Catherine Robert-Hauglustaine

Pour conclure cette journée, nous recevions Anne-Catherine Robert-Hauglustaine, directrice générale de l'ICOM (International Council of Museums) comme grand témoin de l’après-midi. Malheureusement, tout comme Olivier Retout, cet échange n’a pu se faire que par skype, pour des causes d'avions supprimés.

Et pour débuter sa présentation, Anne-Catherine Robert-Hauglustaine se pose la question suivante :

          "Les expositions itinérantes : jusqu’où peut-on aller ?"

Elle relate en suivant, la démission récente du directeur du Musée d’Art Contemporain de Barcelone suite à une polémique autour d'une œuvre contestataire.

Selon elle, lorsque l'on produit une exposition temporaire, il faut porter son projet, aller jusqu’au bout et faire en sorte de pouvoir se défendre sur ces thématiques.

Elle prolonge sa réflexion, en précisant qu'ICOM ne fait pas d’expositions temporaires mais que cela reste au cœur de ses questionnements. Il existe d'ailleurs un comité international (ICEE) qui débat sur les problématiques liées aux expositions temporaires.
Elle rappelle ensuite que ce qui fonctionne parfois pour un pays, pour une culture ne marche pas nécessairement pour un autre. Et il est important de prendre en compte que l’itinérance internationale signifie parfois choc de culture !
En effet, Anne-Catherine Robert-Hauglustaine reste persuadée que le choc des cultures n’est pas à omettre ou à nier. Il s’agit d’adapter le discours, sans forcément modifier l’ensemble de l’expo.
Mais il y a de réelles différences de compréhension des publics et il est fondamental de les prendre en compte.
Faire itinérer une exposition sans se poser la question du nouveau public ne serait pas très pertinent car il s’agit surtout d’être compréhensible afin éviter une perte du message voir un rejet complet.

Dans les expositions temporaires, il y a donc une nécessaire adaptation !

Elle prend ensuite un temps pour préciser les missions d'ICOM et nous explique qu'il a régulièrement des rôles d'experts, de conseillers... sur des expositions itinérantes.
C'est pourquoi, ICOM organise des séminaires pour essayer de répondre à la demande qui est faite de manière la plus concrète possible.
D'autre part, elle précise qu'ICOM reçoit de nombreuses demandes de la part des continents asiatiques et africains de formations à la conception d'expositions.

ICOM compte aujourd'hui 34 000 membres, et ICOM France est le deuxième plus gros comité après ICOM Allemagne.
Les actions d’ICOM France ne vise pas forcément à augmenter le nombre d'adhérents actuellement mais plutôt à intensifier les relations déjà construites au sein du réseau.

Les objectifs d'ICOM France au sein des comités internationaux sont de :

Elle complète ensuite son propos en rappelant qu'ICOM France va organiser les journées de déontologies au MUCEM, à la fin du mois de mai et que la question : "Jusqu’où peut-on aller en respectant l’œuvre ?" sera centrale.

Ce sont sur ces propos que cette seconde édition du séminaire de muséologie s'achève. Mon écrit n'a donc plus qu'à en faire de même.

Mais avant de vous quitter, un petit spoiler pour ceux qui sont parvenus jusqu'à la fin de ce billet ! :)

L'année prochaine, la reconduction du séminaire de muséologie aura bien lieu et c'est Science Animation Midi-Pyrénées qui sera chargé de l'organiser.

D'ici là, bon vent et à l'année prochaine ! :)

Julie Poirier, chargée de conception et de médiation.

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