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T'as pas mieux à faire qu'un réseau social pour la médiation scientifique et Technique ?

Retour sur le développement de Makerscience

Après avoir passé à la moulinette notre opération Plant Fiction avec le billet T’as pas mieux à faire qu’un jeu transmédia ?!, c’est au tour de Makerscience de subir l’interview-critique.
Makerscience… un nom que vous avez peut-être déjà entendu. Si ce n’est pas le cas, petit rattrapage : grâce aux financements d’Inmédiats, nous développons actuellement un réseau social professionnel dédié à la médiation scientifique et technique. Celui-ci devrait voir le jour dans les prochains mois. Mes collègues et moi-même avons eu plusieurs occasions de présenter cette future plateforme à d’autres professionnels. En retour, de l’intérêt et beaucoup de questions. Nous nous prêtons donc au jeu de l’interview critique pour vous apporter un maximum de réponses. N’hésitez pas à poser d’autres questions, l’espace commentaires est fait pour ça ;)

Je ne comprends pas bien, c’est quoi Makerscience ? Encore un réseau social sur les sciences ? Un outil de gestion de projets ? Un annuaire d’acteurs de la culture scientifique et technique ?

En fait, un peu tout ça à la fois : il s’agit plus exactement d’une plateforme communautaire dédiée à la médiation culturelle des sciences, des techniques et de l’innovation. Elle vise à croiser les communautés (trop souvent cloisonnées) culturelles, scientifiques, techniques, éducatives et, plus largement, tous ceux qui s’investissent dans des projets visant à mettre les sciences, les techniques et l’innovation à portée de tous : médiateurs scientifiques, chercheurs, artistes, enseignants, étudiants, entrepreneurs, professionnels des musées, etc. On y trouvera une rubrique « membres » répertoriant tous les profils des personnes inscrites, leurs centres d’intérêt, leurs compétences, leurs projets… ; une rubrique « projets » où les membres pourront référencer leurs projets en cours, y mentionner leurs besoins, leurs actualités,etc. ; une cartographie des membres et de leurs projets associés ; une rubrique « expériences » dans laquelle les membres pourront y référencer un retour d’expérience détaillé permettant à d’autres de reproduire leur action ; et un forum de discussions. 

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Donc c’est une plateforme de projets scientifiques, c’est ça ?

Attention, il est vrai qu’on parlera bien essentiellement de sciences et techniques sur Makerscience, mais la plateforme vise uniquement les projets de médiation culturelle : exposition, ateliers, évènements, dispositifs, rencontres, sites web… La démarche de mise en relation entre des publics et des savoirs/savoir-faire est une condition sine qua non. Il ne s’agit pas d’une plateforme dédiée aux projets de recherche scientifique.
Par contre, il est important de signaler que « culture des sciences, des techniques et de l’innovation » est à prendre au sens large : on pourra y parler de sciences humaines et sociales, de culture numérique, d’ingénierie, de culture de la créativité...

J’ai toujours du mal à comprendre, peux-tu me donner un exemple plus concret ?

Prenons l’exemple d’une étudiante en biologie souhaitant créer une web-série sur la biodiversité avec plusieurs de ses amis. Sauf que voilà, il lui manque certaines compétences, elle a des doutes, ne sait pas trop comment s’y prendre… Elle découvre alors Makerscience qui pourrait peut-être l’aider ! Elle y trouve dans la rubrique « Expériences » une fiche décrivant comment créer une chaine YouTube de vidéos scientifiques : les étapes à suivre, les points clés, les choses auxquelles il faut faire attention, le matériel nécessaire, etc. Pour en savoir plus, elle contacte l’auteur de cette fiche pour en discuter. Puis elle se créé un profil afin de référencer son projet : elle y décrit son ambition, ses besoins, ses difficultés, etc. Elle convainc ses amis de s’inscrire également afin de les ajouter à l’équipe projet mentionnée sur la fiche. Ils peuvent ainsi modifier également la page de leur projet. Un étudiant en audiovisuel la repère sur la cartographie et lui propose son aide. Il s’ajoute alors dans les personnes ressources sur la page projet, dans un encart dédié. Ils se rencontrent et avancent ensemble sur le projet. Elle continue à enrichir sa page, y met des petites actualités. D’autres membres repèrent son projet, l’ajoutent dans leurs favoris, l’encouragent, lui apportent des idées… Sauf que voilà, elle a des doutes concernant le droit à l’image. Elle va donc sur le forum poser sa question. En taguant bien sa question avec les bons mots clés, elle est identifiée par une personne compétente qui lui apporte des précisions. Tout ceci la rassure, la soutient, et lui permet de concrétiser son projet. Quelques mois plus tard, elle rédigera à son tour une fiche « expérience » sur « comment créer une web-série scientifique ».
En gros, c’est ça Makerscience… ;)

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Mais moi, je ne suis pas un professionnel de la médiation, je n’appartiens à aucune structure, je suis juste un passionné qui veut monter un projet. Je peux quand même m’inscrire ?

À l’exception des règles standards de bonne conduite sur un tel site, il n’y a pas de règles concernant l’inscription sur Makerscience : on peut se créer un profil personnel, créer celui de sa structure (avec l’autorisation des responsables évidemment – mais ça, ce n’est pas de notre ressort), rester anonyme ou non. Exactement comme sur Twitter ! Comme dirait Mac Donalds, « venez comme vous êtes » ! ;)

Et si je ne suis pas de votre région, ni même français, puis-je y participer ?

Il n’y a aucune limite géographique sur Makerscience ! Pour tout vous dire, nous n’étions pas partis là-dessus au départ. Le programme des Investissements Inmédiats nous offrait les moyens de financer une plateforme territoriale dédiée à la culture scientifique. En confrontant nos besoins aux plateformes locales déjà existantes, nous avons imaginé cette plateforme dédiée aux projets. Et puis en y réfléchissant, on s’est vite dit qu’une telle plateforme à l’échelle d’un territoire n’avait aucun sens ! On le voit bien au sein d’Inmédiats : on échange avec Caen, on partage des expériences avec Grenoble, on travaille sur des projets communs avec Paris, etc. On a donc décidé d’oublier cette limite territoriale et de créer une plateforme totalement ouverte. Les premiers utilisateurs seront sans doute français, car les premiers à en entendre parler. Mais si cela pouvait s’ouvrir bien plus largement, et à terme avoir assez de soutien pour traduire la plateforme dans d’autres langues, ce serait merveilleux !
Donc voilà, nous avons eu la chance grâce à Inmédiats d’avoir des financements nous permettant de déployer de beaux projets ; mais si cela peut aussi servir à d’autres, comme nous l’espérons avec Makerscience, et bien tant mieux !

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Avez-vous fait des concertations avec d’autres personnes avant de vous lancer ? Moi on ne m’a jamais demandé mon avis !

Nous avons débuté la réflexion il y a déjà trois ans, on en discutant avec de nombreux acteurs de la médiation scientifique pour confronter nos besoins. Nous nous sommes aussi appuyés sur les retours d’expériences d’autres porteurs de plateformes comme nos collègues de La Casemate à Grenoble qui ont travaillé sur la plateforme communautaire Echosciences, ou encore l’équipe d’Imagination for people, une plateforme très similaire à Makerscience, dédiée à l’innovation sociale. Nous espérons que Makerscience fera bien écho à tous ces échanges. Cependant, nous avons conscience que le développement de ce type d’outils génère souvent beaucoup de « fantasmes ». Nous avons fait des choix techniques, graphiques, fonctionnels… qui généreront peut-être de la frustration. Il faut donc avoir bien conscience que nous démarrons ainsi avec un premier squelette, totalement open source, avec des « briques de bases ». Il reste encore énormément de choses qui pourraient être développées en fonction de nouveaux besoins. Toute personne en mesure de proposer, voire de développer, un module ou une fonctionnalité, est la bienvenue !

Il existe déjà plein de plateformes de culture scientifique et technique. En quoi Makerscience se distingue-t-il ?

Je crois bien que cette question est l’une de celles qui reviennent le plus souvent ! ^-^
Nous avons évidemment fait une analyse très précise des plateformes existantes avant de nous lancer. Je pourrais vous en citer des dizaines : Imagination for people, Estim science, Wikidébrouillard, les plateformes de crowdfunding, Knowtex, Echosciences, Culture scientifique Auvergne, le wiki de Muzeonum, la plateforme du Collectif Conscience
Mais aucune ne répondait à notre cahier des charges, avec les fonctionnalités dont nous avions besoin, l’angle souhaité, et surtout totalement neutre et ouverte. Mais elles sont néanmoins toutes très complémentaires. Je prends l’exemple d’un doctorant grenoblois qui souhaiterait créer un serious game sur son sujet de recherche. Sur Makerscience il pourrait réunir une communauté autour de son projet et le co-construire avec eux. Sur Ulule il trouverait des financements. Puis lorsqu’il aurait finalisé son projet, il pourrait rédiger une fiche expérience « créer un serious game sur un sujet de recherche » sur Makerscience, l’ajouter en ressource dans la banque de ressources (vidéos, expositions, etc.) de culture scientifique Estim science. Puis ajouter dans l’agenda d’Echosciences Grenoble un atelier de présentation de son jeu. Bref, toutes ces plateformes possèdent des briques intéressantes qui permettent de construire et valoriser au mieux un projet. Et il n’est pas exclu qu’un jour plusieurs de ces plateformes se rassemblent en une seule. 

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Mais franchement, Facebook, Twitter et Google doc, ça suffit bien, non ?

En effet, on pourrait très bien mixer du Facebook, du Twitter, du Google doc pour co-construire un projet… On le fait déjà, avec souvent beaucoup de difficultés, car ces outils ne sont pas neutres et beaucoup de personnes refusent d’y être. Et ceux qui y sont refusent d’aller sur des outils libres équivalents. Ces outils généralistes mélangent les sphères personnelles et professionnelles ce qui peut gêner. Maintenant on assiste au développement de « réseaux de niche ». Les gens ont besoin de se retrouver avec des personnes qui partagent les mêmes préoccupations, les mêmes besoins. Les réseaux ne sont qu’un reflet de la façon dont nous menons notre vie : il y a des lieux indifférenciés (les transports en commun ou les rues d’une ville par exemple) où l’on peut faire des rencontres inattendues, et des lieux de rassemblement de communautés et rencontres comme Science & You ou l’Amsti par exemple. Chacun remplit un rôle nécessaire. C’est le cas de Makerscience, qui n’a pas vocation à avoir des milliards d’abonnés, mais plutôt d’être au service d’une communauté existante, pour faciliter le travail en commun entre deux rencontres.

Ouais, tout ça c’est bien sympa, mais je n’ai franchement pas le temps de me mettre sur ce réseau…

On est bien d’accord, Makerscience doit faire gagner du temps, et non en perdre ! Plutôt que passer des heures à créer un blog pour un projet, bénéficier d’un outil déjà conçu et disposant d’une audience où l’on peut poster des actus ; au lieu de fouiller un moteur de recherche pour trouver une personne du coin capable de construire une expo, pouvoir l’identifier rapidement sur Makerscience ; disposer d’un espace pour valoriser des expériences et compétences lorsqu’on n’a pas les moyens d’intervenir dans des évènements professionnels… Le temps passé y sera ainsi bien investi puisque c’est un outil à la fois de valorisation d’initiatives, de communication, et qui permet de trouver des réponses, tout ceci sans avoir à s’éparpiller sur plusieurs supports/médias ou rédiger des choses en plus.

Mais c’est long de documenter une expérience !

Oui, mais dans bien des cas, nous sommes nombreux à être amenés à le faire (pour un bilan d’activité, pour justifier auprès de financeurs…), mais souvent il n’y a pas de lieu pour valoriser ce travail qui, de ce fait, n’est lu que par les destinataires directs. Nous avons pensé les formulaires pour documenter une expérience qui soient le plus ouvert possible, laissant libres les utilisateurs de détailler ou non leur expérience (ou de copier-coller des passages de rapports déjà écrits).  Évidemment plus l’on est précis, plus ça aidera d’autres acteurs à s’en inspirer. Pour concevoir ces fiches expériences, on s’est appuyé sur les Recettes libres ainsi que sur les fiches action que l’on rempli au sein d’Inmédiats. En effet, afin de se partager au mieux nos expériences au sein de ce consortium, nous documentons régulièrement nos actions en remplissant un formulaire : description, temps et matériel nécessaires, public visé, difficultés rencontrées, points de succès, etc. Ces fiches nous permettent de reproduire des actions qui marchent bien et qui nous font envie dans d’autres régions : organiser un hackathon autour de Nao, former des jeunes au livetweet de conférences scientifiques, organiser un concours de vidéos scientifiques, etc. Des fiches recettes bien pratiques !

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Pourquoi devrais-je partager mes idées et mes expériences ?!

Il s’agit d’une démarche de mise en commun des savoirs et des savoir-faire en médiation scientifique. Si l’on a peur de communiquer une idée, rien n’oblige à le faire. Mais on sait à quel point des démarches d’innovation ouverte et d’open source peuvent être à l’origine d’améliorations et d’innovation dans de nombreux secteurs. Alors pourquoi pas en médiation ! Il suffit de se poser ces questions : ai-je envie de participer au rayonnement de la médiation des sciences et techniques, à son déploiement le plus large possible ? Ai-je envie de participer à l’émergence de nouveaux formats de médiation culturelle ? Ai-je envie de valoriser mon implication, ma créativité, mes expériences ? Si vous répondez oui à l’une de ces questions, c’est donc que cette démarche de partage est faite pour vous. Quoi qu’il en soit, nous nous faisons aujourd’hui accompagner par un expert juridique afin d’énoncer une charte d’utilisation de Makerscience et de définir les responsabilités de la façon la plus transparente possible.

Tout ça c’est bien joli, mais encore et toujours du virtuel ! Pour moi, ce qui compte, ce sont les vraies rencontres !

On est complètement d’accord !!! Cette plateforme est avant tout un levier. Un incubateur, un espace de facilitation. Mais un outil comme Makerscience n’est surtout pas une fin mais bien un moyen. Un moyen de créer des rencontres par la suite ou d’entretenir celles qui se créent à l’occasion de colloques par exemple. Et pourquoi pas à terme des cafés (ou apéros) Makerscience ou encore un hackathon Makerscience pour développer des projets de médiation des sciences et techniques.

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Comment sera animée et modérée la plateforme ? Est-ce qu’on va y trouver que du Science Animation et ses copains ?

Surement pas ! Nous souhaitons créer une plateforme totalement neutre. Il n’y a que comme ça que cela marchera. Aucune distinction entre les membres ne serait faite. Les règles de modération seront uniquement liées au respect de la thématique de la plateforme (un projet de médiation des sciences et des techniques) et celles de la loi (pas de propos discriminatoire, etc.). Pour le reste, nous ne comptons pas intervenir dessus. Et en ce qui concerne l’animation, nous ferons en sorte de valoriser au mieux chaque utilisateur, via une newsletter, la page d’accueil, les relais sur les médias sociaux, etc. L’animation et la modération se feront au départ par une personne de notre équipe. Ensuite, cela dépendra encore une fois de la façon dont la plateforme se développe et de l’implication des utilisateurs. Les animateurs auront alors pour mission de favoriser au maximum la co-construction de projets : accompagner la création de pages projets ou expériences, connecter les membres entre eux, animer le forum, organiser des conférences vidéo autour de projets, lancer des brainstormings en ligne…

Et pourquoi ce nom, « Makerscience » ?

On s’est inspiré du mouvement des Makers qui partagent leur savoir-faire, échangent, tentent et innovent. Et puis ça sonnait pas mal ;)  

Quand est-ce qu’elle sortira ?

Makerscience sera lancée dans les prochains mois, le temps de finaliser certaines fonctionnalités. En attendant, pour toute info supplémentaire, n’hésitez pas à contacter Audrey Bardon audrey.bardon@science-animation.org.  
Quoi qu’il en soit, nous espérons sincèrement que la plateforme vous plaira et vous donnera envie de vous impliquer encore plus dans le partage des sciences et des techniques.

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