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Cultiver l’esprit maker avec les « défis box »

Retour sur la conception d'ateliers de fabrication

Le plateau créatif a ouvert ses portes à la rentrée 2019 au Quai des Savoirs. Ce nouvel espace pour les 7-15 ans est au carrefour de l'esprit maker, du bricolage et de la cour de récré. Nous avons été conviés pour concevoir plusieurs offres de médiation en collaboration avec Planète Sciences Occitanie. Première mission : concocter trois lots de "défis box" la nouvelle activité des week-ends.

Défi accepté !

L'offre défi box souhaite s'adapter aux visiteurs des week-ends. Un public généralement familial, qui compte des adolescents seuls et des enfants accompagnés. Pour constituer cette offre, nous avons collaboré avec l'association Planète Sciences Occitanie et l’équipe du Quai des Savoirs.

Créer un format clé en main, tenant dans une boîte

L'idée de l’offre "défi box" était de pouvoir loger une activité dans une boîte, avec une mission “pratique” à accomplir. Après quelque temps de maturation, de la veille et des réflexions collectives, l'idée s’est concrétisée. Nous nous sommes inspirés des manip’s proposées par l'Exploratorium (San Francisco) dans leur "thinkering studio" ; des “fiches tuto” que nous avions déployées dans le Propulseur pour favoriser l’autonomie des publics ; et enfin des prototypes funs du Fabriquet (Fab Lab de Planète Sciences Occitanie), qui ne demandent qu'à être exploités.

Au fur et à mesure, le concept de “défis box” s’est affiné : nous souhaitions proposer un kit clé en main contenant une fiche tutorielle à suivre avec :

 

Imaginer des défis originaux

Il nous fallait alors imaginer des défis faisant appel à des compétences variées pour couvrir un maximum de profils et d’intérêts. Après échanges et délibérations, nous avons voté pour trois propositions :

 

 

 

Prototyper

Pour la conception, nous nous sommes donné rendez-vous au Fabriquet, lieu idéal pour cogiter, fabriquer et tester.

Julien Tixador, Fabmanager du Fab Lab nous a présenté ses prototypes de labyrinthe laser. Nous les avons testés pour trouver des degrés de difficulté plus ou moins importants. Il fallait déterminer l’emplacement des murs pour complexifier les parcours. Les trois labyrinthes devaient avoir des parcours différents. Et nous voulions offrir la possibilité au visiteur de rajouter des parois mobiles. Principal problème : les capteurs de lumières sont très sensibles et peuvent parfois s’activer avec une forte luminosité.

Pour les coffres de Serrure 3D, il s’agissait de boîtes imprimées en 3D et scellées avec un simple trou de serrure et un écran. L’objectif était de débloquer le coffre pour faire apparaître une information à l’écran. La serrure fonctionnait par émission et réception d’un laser optique. Ainsi, la combinaison du coffre était programmable. Nous avons alors testé les stylos 3D : combien de temps faut-il pour le prendre en main ? Quels sont les éléments indispensables pour manipuler l’outil en toute sécurité ? Combien de temps faut-il pour fabriquer une clé ?... Nous nous sommes placés en condition de néophytes.

En fin de journée, nous décidions de partir sur une base de 3 clés à produire parmi 8 possibilités et des combinaisons différentes pour chaque coffre.

Enfin, la fabrication d’une petite machine capable de gribouiller (alias scribbling machine) était relativement simple. Il s’agissait d’une boîte (pot de yaourt, à camembert, crème fraîche…) qui constituait le “corps”, avec des “jambes” stylos sur laquelle était fixé un moteur avec un embout pour faire vibrer le tout. Pour la tester, il a fallu en fabriquer un maximum avec des “corps” de formes et de tailles variées, un nombre de stylos variable et des embouts différents. Les modes de fixation ont été le plus gros casse-tête : nous voulions éviter l’utilisation de scotch à outrance en optant pour des élastiques. Étrangement, la taille “idéale” d’élastique n’a pas été facile à trouver.

 

En parallèle des tests, nous écrivions déjà les textes des fiches tutorielles. C’est justement au tout début du test que l’on peut identifier les détails à ne surtout pas rater. Lorsque l’on est trop imprégné des mécanismes, il y a des choses qui nous paraissent évidentes et que l’on ne pense plus à préciser.

Tester et peaufiner

Nous avons alors constitué quelques boîtes abouties pour faire tester nos collègues.

Laure, chargée de diffusion à Science Animation qui réalise sa première gribouilleuse.

Les défis ont été mis en place dès l’ouverture du plateau créatif, ainsi testés, et soumis à la critique constructive des participants. Marlène Stricot, chargée de l'évaluation des dispositifs de médiation au Quai des Savoirs a observé, interviewé et fait remplir des questionnaires aux parents et enfants pour obtenir les premiers retours. Cela a été très constructif pour réajuster, reformuler et tester la fluidité pour les participants passant d’un défi à l’autre. Nous avons surtout modifié des formulations dans les fiches tutorielles et l’agencement de l’espace, tout en identifiant les points de blocage récurrents sur chaque défi, afin d’accompagner au mieux les publics.

Nous nous sommes aussi longuement interrogés sur la manière de terminer un défi. Dans un premier temps nous avons opté pour le fait de débloquer une connaissance en lien avec le défi réalisé. Par exemple une connaissance sur la lumière à l’issue du labyrinthe laser. Pour chaque défi, nous avons intégré l’apparition d’un message sur l’écran des coffres et des labyrinthes. Ces anecdotes constituaient une amorce pour échanger avec chaque participant.

En ce qui concerne la fabrication d’une gribouilleuse, c’est le médiateur qui remettait directement une connaissance aux participants. Cependant, les tests nous ont montré que certains de ces messages passaient à la trappe. On constate que les publics n’ont pas nécessairement besoin d’une récompense spécifique. Le fait de débloquer l’objet constitue en soi un objectif et semble faire l’objet d’une satisfaction avec le sentiment d’une mission accomplie. Cela dépend également de l’âge des publics. Les plus jeunes étant généralement moins attentifs à cela.

La posture de l’animateur

Inciter le public à faire et réfléchir en autonomie est notre crédo. Nous souhaitions favoriser la confiance en soi avec une mise à l’épreuve. Le tout, en suscitant un maximum l’exploration, l’adaptabilité, la coopération et la motricité.

En pratique, cet objectif est particulièrement intéressant puisqu’il place le médiateur dans une posture d’« accoucheur ».

 

Les différentes postures du médiateur extrait de La médiation culturelle de Serge Chaumier

Nous avons ainsi observé plusieurs types de comportement des participants pour accomplir le défi. Il s’agit généralement de binômes parent-enfant, d’enfants seuls ou de familles de 4 à 5 générations confondues. Dans le cas du binôme, les participants peuvent adopter plusieurs postures :

 

Le médiateur intervient sur les points de blocage, tels que la manière de fixer les éléments sur la gribouilleuse, l’emploi des stylos 3D ou le mécanisme des coffres. Les défis débouchent toujours sur un succès que ce soit avec ou sans l’aide de l’animateur.

Et maintenant ?

Bonne nouvelle, pour la rentrée 2020, nous lançons une fournée de 3 nouveaux défis que vous pourrez tester dès le week-end du 25 et 26 janvier.

Les thématiques :

 

Réservez votre créneau sur le site du Quai des Savoirs.

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