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Fred Courant : « Avec L’Esprit Sorcier, on expérimente, on découvre. C’est une aventure ! »

Rencontre avec le journalisme et ex-animateur de C'est pas sorcier

Impossible de faire quelques pas à ses côtés sans se faire arrêter par des fans nostalgiques : c’est Fred, ex-animateur de l’émission C’est pas sorcier diffusée de 1993 à 2014 sur France 3. Alors qu’il était à Toulouse pour une réunion de travail avec nos équipes sur de futurs projets et pour animer une conférence à la Mêlée numérique, nous en avons profité pour l’interroger sur ses projets et son travail à la croisée du journalisme et de la médiation scientifique.

Vous avez lancé récemment L’Esprit Sorcier. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

L’Esprit Sorcier, c’est le prolongement en ligne de l’émission C’est pas sorcier. On avait envie de continuer à transmettre de la connaissance scientifique. Sur le web, ce qui est intéressant, c’est qu’il est possible de prolonger les explications scientifiques, avec une ouverture qui peut être philosophique, sociale, artistique… Bref, sociétale.

Notre volonté aussi, c’était que ce soit accessible gratuitement et sans publicité. Ces ressources peuvent intéresser les jeunes et on ne voulait pas qu’ils aient à solliciter leurs parents pour payer l’accès.  Le souci, c’est qu’il fallait bien trouver un modèle économique. Notre meilleure solution pour lancer l’émission était de s’appuyer sur des partenariats. Le but est donc de produire des ressources qui intéressent à la fois les internautes et nos partenaires. On réussit ainsi à produire des dossiers complets sur des thèmes scientifiques.

Pouvez-vous nous donner des exemples de partenariats réalisés ?

On travaille beaucoup avec des organismes de recherche. Le CEA par exemple. Je tiens néanmoins à dire que nous sommes vigilants à garder notre indépendance éditoriale sur les sujets. En clair, si un gros producteur de pétrole nous demande de traiter des énergies fossiles, on ne sera pas à l’aise. On essaye donc de trouver des partenaires avec qui nous sommes sur la même longueur d’onde.

Nous travaillons aussi beaucoup avec les centres de culture scientifique, comme Vulcania. Eux, ce qui les intéresse, c’est d’utiliser nos ressources sur leurs ateliers pédagogiques avec des jeunes.

Mais au départ, pour montrer ce que l’on savait faire, on a beaucoup autoproduit. On a fait 8 ou 9 dossiers comme ça, grâce au financement participatif. Des nombreux contributeurs nous ont permis de récolter 120 000 euros. Je pense que ce sont ceux qui nous regardaient étant petits, qui sont peut-être devenus enseignants ou chercheurs, et qui maintenant soutiennent L’Esprit Sorcier.

Entretenez-vous aussi des relations avec les nouveaux vidéastes scientifiques, les « Youtubers » ?

On se rencontre très souvent dans des manifestations mais nos méthodes restent différentes. Nous, on est de l’école entre Internet et la télé, avec des dossiers plus longs. Certains nous disent justement que ce n’est pas un format internet. Et pourtant, beaucoup d’internautes aiment aussi les formats longs. Du coup, on a moins de vues, mais en même temps, on va chercher différents canaux. Nos formats ne sont pas aussi fun, mais moi j’aime travailler de cette manière.

Et pouvez-vous nous raconter votre façon de concevoir un dossier ?

Finalement, je me rends compte qu’on travaille exactement de la même façon que sur C’est pas sorcier, avec la même rigueur sur l’information scientifique. Et c’est ça qui prend du temps. Sur chaque dossier, deux à trois scientifiques de références interviennent pour valider le contenu. Un  dossier, c’est environ un mois et demi de préparation. Avec une équipe éditoriale, un journaliste et un rédacteur en chef qui suivent le tout. On réalise les interviews, les animations virtuelles, le montage... On essaye d’internaliser au maximum car cela nous permet d’avoir des coûts raisonnables.

Et les fameuses maquettes animées de C’est pas sorcier qui faisaient fantasmer les médiateurs scientifiques, comment les réalisiez-vous à l’époque ?

Sur une émission, il pouvait y avoir six maquettes. Et un seul maquettiste, David, qui travaillait heureusement très vite.  Mais ce n’est pas seulement les fabriquer qui prenait du temps. On commençait par un schéma indiquant comment on allait expliquer tel ou tel phénomène, ce qu’on devait faire pour la faire marcher, etc. On se disait « tiens, le volcan, on va le faire cracher comme ça… ». Rien que ça, ça prenait énormément de temps. On mettait environ 15 jours de préparation. Il y avait aussi un travail sur le mixage sonore. On peut prendre ça à la légère, mais un « Blaoum » par exemple quand on déclenche un phénomène, cela soutient vraiment l’info !

Par contre, c’était à usage unique. On nous a souvent demandé à les récupérer. On a donné quelques maquettes en bois à des écoles, mais beaucoup étaient dans des matériaux qui n’étaient pas aux normes pour le public. C’était de la colle, de la peinture, du polystyrène, du plâtre... Elles étaient fragiles et se cassaient facilement. D’ailleurs, durant 2 ans, on avait fait une expo itinérante sur les 5 sens avec la Maif. On reprenait le principe de l’émission avec beaucoup de maquettes. Mais elles soufraient déjà au bout de quelques mois.

Maintenant, on fait des animations virtuelles. Mais c’est le même principe : on a un graphiste ainsi qu’un intermédiaire entre le graphiste et la rédaction qui dispose d’un bon bagage scientifique et réalise les storyboards. On pourrait réutiliser les maquettes qu’on faisait à l’époque mais beaucoup de choses ont changé depuis... Parce que la science et les connaissances évoluent.

Et aujourd’hui, quels sont vos autres projets ?

On se sert du contenu pour réaliser des émissions télé pour Science & Vie TV. On reprend des éléments des dossiers mis en ligne pour réaliser quelque chose de transversal et original. En parallèle, on organise aussi des évènements grand public avec des organismes de recherche.

Avec L’Esprit Sorcier, on expérimente, on découvre. C’est une aventure ! J’aurais écouté certaines personnes au départ, on arrêtait tout de suite. On sait bien que le modèle économique est dur à trouver dans ce cas, mais on essaye de le construire. Et pour cette deuxième année, c’est en bonne voie !

Un grand merci à Fred pour sa gentillesse et sa disponibilité !
 

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