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Lab’Oc : Le Laboratoire du patrimoine

Récit d'un dispositif de médiation itinérant sur le Canal du Midi

Dans le cadre d'ESOF, l’Université Fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées (en partenariat avec plusieurs organismes) lance le projet du « Lab’Oc - Le Laboratoire du patrimoine » : un dispositif interactif et de réalité virtuelle autour du Canal du Midi. En tant que partenaires pour la conception du module, Alexandre, notre scénographe, revient sur sa fabrication et nous fait découvrir en même temps un des courants majeurs du design : le fonctionnalisme.
 

Le Lab'Oc ?

Le projet « LAB’OC – Le laboratoire du patrimoine » est un module de médiation itinérant qui cherche à aborder de manière transdisciplinaire les domaines scientifiques comme la physique, l’hydraulique, la mécanique des fluides, l’histoire, l’architecture, l’urbanisme, la botanique et la zoologie autour du patrimoine du Canal du Midi. Ce module d’exposition et de réalité virtuelle permettra de voyager à bord d’une péniche sur le Canal du Midi pour y découvrir les nombreux aspects de ce site classé. Il sera visible dès le 6 juillet à la Commanderie du Port Saint-Sauveur à Toulouse pour sa première étape.
 

Petite leçon de design

Le fonctionnalisme n’est pas un régime politique imprégné d’idéaux bureaucratiques, mais un mouvement fondateur de ce qu’on appelle aujourd’hui le “dizaïne”, ou “design” en VO. À la fin du XIXe siècle, des architectes et des artisans ont convergé vers l’idée qu’un objet ou un bâtiment devait avant tout répondre aux fonctions pour lesquels il était conçu ; et que la forme qui en découlait serait forcément optimale et donc belle.

Fini donc les appartements bourgeois aux 4 mètres de hauteur sous plafond impossible à chauffer ou bien les théières biscornues et lourdement ornées au point d’être inutilisables. “Form follows function” : "la forme suit la fonction" comme l’écrit à l‘époque le célèbre architecte américain Louis Sullivan.
 

De la théorie à la pratique : la prise en compte des contraintes

Pour cela, le Lab’Oc est un véritable exercice de style. Voyez plutôt : pour commencer, le Lab’Oc, à travers mon regard de designer, c’est tout d’abord des contraintes. Beaucoup de contraintes… Je résume : un module de 2m x 2m x 2m accueillant une vingtaine de documents (de simples planches A4 jusqu’à une chambre photographique), 2 oculus avec 2 ordinateurs et 2 écrans. Ce module doit être itinérant, c’est-à-dire qu’il doit se monter et se démonter à l’infini sans que ce soit trop long. Il doit se stocker sur palettes et passer les portes aussi bien en largeur qu’en hauteur. Le tout répondant aux normes concernant l'accueil du public et les incendies. Rien que ça. Mais heureusement pour moi : “la forme suit la fonction”. En design, cela équivaut au “tout est relatif” d’Albert Einstein. Une petite phrase qui en dit beaucoup… mais qu’on utilise rarement à bon escient.

Mais dans notre cas, au vu du grand nombre de contraintes, Sullivan ou pas, nous n’avons pas le choix. La forme sera quasi uniquement au service des fonctions exigées. Pour cela, il faut mettre tout à plat. Même le dessin. En effet, les premières versions du projet se dessinent en plan, vu de haut. Celles-ci évoluent au fur et à mesure que se rajoutent les contraintes. Des surfaces apparaissent, disparaissent, s’agrandissent, se réduisent changent de place, de fonction, d’importance. Les versions du projet se multiplient rapidement. Les échanges avec toutes les personnes participant au projet permettent d’avancer. Jusqu’à ce que le dessin soit mis en élévation (en 3D).
 


 

Cette nouvelle étape soulève des questions et de nouveaux échanges. On essaye de cocher une à une les cases du cahier des charges du départ. Et peu à peu, le projet se structure. Ou, autrement dit, il prend forme puisqu’il remplit les fonctions d’usage et s’extrait enfin de la nuée des croquis comme le visage du modèle sort du marbre du sculpteur.
 


 

Cela pourrait presque sembler facile. Mais ça ne l’est pas. Parce qu’aux premières contraintes, pourtant nombreuses, s’en ajoutent désormais de nouvelles liées à la technique. Quels matériaux utiliser ? Quels assemblages employer ? Par où passer les câbles électriques ? Autant de nouvelles informations qu’il est primordial de prendre en compte et qui auront aussi une influence sur la future forme du Lab’Oc.
 


 

Les modules se transforment, à l’aide du crayon et maintenant d’un logiciel 3D, en une machine où chaque élément qui la compose sert l’ensemble.
 

Un dispositif, de nombreux corps de métiers

Tout au long du projet, les compétences de chacun viennent influer sur le projet. Les concepteurs du contenu, évidemment, issus de l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées. Mais aussi Christelle qui s’occupe de la création de l’univers des masques de réalité virtuelle. Jean-Marc, notre régisseur pour l’itinérance. Lionel pour la connectique. Le menuisier Julien Lesueur et son regard expert concernant la fabrication… Autant de personnes qui laissent une trace sur le projet afin que chaque détail fasse sens. C’est pourquoi les fameuses contraintes dont on parle depuis le début ne doivent n’être ni dénigrées ni rejetées. Parce ce que c’est d’abord de l’humain.

Lorsqu’on dessine un projet, se focaliser principalement sur la fonction, ce n’est pas préparer une solution sèche et mathématique à un problème. C’est écouter et faire vivre de nombreux points de vue sur ce projet. C’est s'intéresser fondamentalement à l’humain au lieu de vouloir séduire l’œil avant tout. Et les futurs usagers ne sont pas lésés dans tout ça ; ils sont le but même du projet.

Voilà ce qu’est le fonctionnalisme : des objets aux formes qui pourraient sembler simples, pauvres, mais qui répondent parfaitement à leur mission pour le bien des usagers. Ce sont vos chaises, vos bureaux, vos smartphones, vos thermomix... Des objets intelligents rendent forcément intelligents ceux qui les utilisent.

Et bien que les lecteurs de nos billets soient des gens au niveau intellectuel assez élevé, j’invite tout de même ceux-ci à se rendre le 6 juillet à la Commanderie du Port Saint-Sauveur à Toulouse pour embarquer dans le Lab’Oc.
 


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